lundi 6 juillet 2009

Panj riviere

Petite treve, je recupere mon visa chinois vite fait bien fait, un appareil photo en poche (prete pour une duree indeterminee par un super gentil anglais croise sur la route), une carte detaillee des Pamirs offerte par deux motards suisse-allemands m'ayant doublee... me voila longeant la Panj riviere.

Engouffree au fond de gorges plus ou moins TRES profondes, elle marque notamment la frontiere avec son voisin: Afghanistan. Je la longe a flanc de montagne sur plus de 500 km. Au passage, magnifiques villages tant d'un cote que de l'autre, route ou piste du cote Tajik, minuscule sentier taille au piochard du cote Afghan, parcourru par les anes et leur conducteurs aux habits traditionnels.
Les soldats s'observent d'un cote comme de l'autre, c'est un autre monde a pas moins de 50 metres. Ambiance particuliere.


Ne pas trainer ses baskets n'importe ou!


L'alphabet cyrillique en moins et je me croirais au pays


Rencontres et accueil le long de la route




Pause journaliere M&Mmms, excellent pour mon moral :-)

mercredi 1 juillet 2009

En route pour les Pamirs

Pas de photos...
C'est pas faute d'en avoir prises, mais...

J'aurais pu vous glisser une photo de la reparation de l'accrochage de ma saccoche gauche (arrachee par un chauffard ayant sous-estime la largeur de ma monture) reparee a la Mac Gyver a l'aide de 4 surprenantes colsons, le magnifique lac aux eaux intensement turquoises surplombe depuis le haut du col de Nurak situe a l'Est de Dushanbe, la riviere frontiere Pjanj maintenant l'Afghanistan a pas plus de 50 m de son voisin Tajik, les nuages de poussiere gigantesques causes par les explosions a repetitions dans le but d'elargir cette si mauvaise piste faisant officiellement office de route principale menant a cette fameuse region montagneuse.

Ou encore une photo de ma monture risquant de se faire emporter par le courrant et moi tentant de la maintenir desesperement a la surface, pieds nus remontant au pas de course le talus s'ensuivant aide par un sympathique tajik poussant a pleine force l'arriere de mon velo charge a plus de 50 kg.

Que dire des bivouacs a flancs de riviere ou les gosses rapatriant d'enormes tas d'herbes sechees, les filles faisant la lessive accroupies dans les rivieres et me saluant mains savonneuses, les petites vieilles aux sourrirs dores m'invitant pour l'incontournable tchai, les piles de galettes de pain s'accumulant sur mon porte-bagage, chacune venant trouver place au passage d'un village, mon estomac n'arrivant pas a suivre le rythme de ses gestes de generosite.

Et enfin les panneaux jalonnant le long du sillon de cette tourmentee Pjanj, indiquant de ne pas promener ses baskets en dehors de la route, sous peine de se faire exploser sur une mine, ...

Et bien non, aucun apercu, faute a trois stupides militaires tajiks ayant fait du shopping dans mes saccoches aux detours d'une courbe.

Bien vulnerable suis-je, cible aisee au milieu de nul part, aucun temoin 30 km a la ronde.
Pas fiere sous la menace des mitraillettes...

mardi 23 juin 2009

Dushanbe, je requinque la bete

Stopee a 40 km de la capitale par un orage, je suis accueillie pour la nuit par une famille tajik. Estomac glauque, je la passerai aux toilettes, reveillant a chaque allez-retour tous les membres du clan y compris le chien aux taquets. Le coupable, un bouillon de legumes camoufflant un morceau de vieille viande immangeable. Meme rendue, je continuerai a la roter pendant les jour suivants.
Pas des mieux, je reprends la route en vue de me retaper une sante a Dushanbe.

Ville verdoyante abritant 600'000 habitants au coeur de ses allentours montagneux, elle revelle quelques statues et monuments au pur style soviet. Representation kitsch d'Ismail Samani, Opera& Ballet Ayni, mosquee Haji Yakoub...






En prime, l'inevitable Plov: plat traditionnel de toute l'Asie centrale eleve au statut de religion dans toute cette region, chacun pretendant detenir le plus goutu. Riz pilaf mijote dans la graisse de mouton rance, additionne parfois de carottes et d'une bonne dose d'oignons confits, il est garni de quelques morceaux de viande rendue moelleuse par la quantite de gras l'entourrant. Subtilite, le tout est parfois saupoudre genereusement de coriandre hachee.
Je ferai l'impasse cette fois-ci!




jeudi 18 juin 2009

En route pour Dushanbe

Je quitte Samarqand au petit matin, destination:Tajikistan!
Seul 47 petits kilometres me separe de la frontiere, juste le temps d'organiser cette transition. Chaque passage de frontiere reservant toujours son lot de surprises, je tente de les minimiser. Operation camouflage du cash: ayant ete informee que la troupe de douaniers Uzbeks etait 100% masculine, la fouille corporelle sur une femme se fera que tres superficiellement - ca a au moins ca de bon les pays islamiques. Je planque donc mes Dollars, facile de deviner l'endroit :-) La precaution s'avere fondee!
Cote tajik, le bonheur, l'entree se resumant en un Welcome to Tajikistan, large sourir en prime.

Le depaysement ne se fait pas attendre: les anes uzbeks s'echangent en beaux chevaux au poil lustre, les voitures Daewoo en opels et mercedes deglinguees, l'arnaque devient un sourire, les plaines monotones se dressent en montagnes inspirant le respect.



Je longe la riviere Zawarshan, tranquilou me dis-je, ca devrait monter progressivement. Grande erreur, la couleur est annoncee. Le trajet me menant a la capitale sur une piste la plupart du temps chaotique me servira de mise en bouche pour la traversee des Pamirs.




Je tourne a 90 degres, la riviere change de nom: Warzab: le decor se fait plus austere, gorge profonde, pas le paradis pour camper. A defaut de mieux, je planterai la tente a cote de celle des ouvriers chinois, seul endroit plat a l'horizon.


Passage du col Anzab, je me prepare psychologiquement. Ca devrait ressembler a ca: 1'700m de denivellation sur une distance de 32km. Aucune info quant a savoir s'il y aura de detestables redescentes afin de remonter de plus belle, ma carte au 1'750'000 ne me le revelant pas.
Par bonheur a mi-chemin, je croise un couple de tessinois en tandem : echange des precieuses infos, les news sont bonnes: le col prevu a 3'373 m est rabaisse en un tunnel culminant a 2'450m. Il me reste donc 10 petits km pour l'atteindre. Seul bemol, il est inonde, dans l'obscurite totale sur la moitie de sa longueur (5 km), nids de poule a gogo. Retrousse les pantalons me conseillent-ils.



La precaution s'avere fondee, je teste l'etancheite de mes sacoches, encaissant les plongeons de 60 cm dans les flaques geantes et profondes. Odeur abominable en prime, je suis soulagee d'en ressortir.

En recompense, 80 km plongeant sur Dushanbe.

samedi 13 juin 2009

Samarqand

Je fete mon anniversaire en compagnie de 6 autres cyclos. Carrefour pour le Tajikistan, certains partent pour le Pamir, d'autres montent sur la Vallee de Fergana avant de basculer sur le Kyrgystan ou autre option, descente sur la ville touristique de Bukara. Jours apres jours, la cour interieure de la Guesthouse transformee en parc a velo se vide. J'attends mon tour, passage de la frontiere tajik prevue le 18 juin.


Place du Registan, Mosquee de Bibi Khan, Mausole de Guri Amir...











Le marche du dimanche a Urgut (Sud de Samarqand)










mercredi 10 juin 2009

Je reprends la route :-)

Le bonheur, je pedale a nouveau! Apres cette pause administrative due a deux nouvelles demandes de visas (Tajikistan et Kyrgystan) effectuees dans la capitale Uzbeque , je descends plein sud sur Samarqand. Au passage, Gulistan, Jizzakh, je tourne a 90 degres quelques fois histoire d'eviter les enclaves Kazak, passe une bonne dizaine de postes de controle. A la longue, je ne m'y arrete meme plus, la police me faisant signe de me mettre sur le bas cote uniquement pour taper la causette. Fini la psychose iranienne, decontraction!

Paysages monotones, cultures de coton et fruitiers, canaux d'irrigation utilises comme piscine geante par les enfants du coin, la chaleur monte: 45 degres!



Enfin un petit passage dans les collines


Accueillie par les familles Uzbeques


vendredi 5 juin 2009

Vol sur Tashkent - Uzbekistan

Je pensais faire juste un passage eclair en Iran, j'aurai passe finalement six bonnes semaines. Jour apres jour, je me suis attachee a ce pays et leurs habitants. C'est le coeur serre que je monte dans l'avion, je sens que j'y reviendrai...

TASHKENT
Le choc, des la douane franchie, quelque chose me saute aux yeux: les filles sont en tenue hyper legere, mini-jupe et petit debardeur on ne peut plus moulant. Apres les tchadors, le contraste est des plus saisissants.
Les rues sont larges et structurees, les batiments costauds. On ressent l'ancien bloc sovietique. Le charme de l'Orient a definitivement disparu.

Le bazar Chorsu situe dans le vieux quartier de la ville, sera mon lieu de predilection. La partie Sud quant a elle, date d'apres 1966. Elle a ete totalement reconstruite a la suite d'un tremblement de terre, dans un style sovietique oblige.









Place Amir Temur et ses joueurs d'echecs



Khast Imom