lundi 18 octobre 2010

Japon - Hokkaido

Japon!
Apres un vol chaotique, tant le paquetage pour les velos a ete restrictif de la part de la compagnie aerienne, allez je la nomme tant je suis ecoeuree d'avoir ete traitee comme une grosse merde, c'est dit, tout sauf Delta Airline! Bref, vol manque, reporte d'une semaine, le paquetage sera dans les regles de l'art! Tant qu'a faire, j'apprendrai de cette mesaventure. Payer une stupide taxe de USD 200 pour velo +175 USD parce que la dimension de celui-ci depasse une vulgaire valise, je refuse et jouerai avec le systeme. Un e.mail gentiment envoye au service client de la compagnie, une tres longue histoire et par miracle le reglement qui saute. Me revoila, une semaine plus tard, toujours a 4 h00 du matin pour ce meme check-in redoute, je retombe sur le meme agent toujours sans souplesse. Je savoure mon succes, mon velo est accepte, je ne debourserai aucun supplement, je souris largement, lui, l'air encore plus con manifeste sa mauvaise humeur et malhonnetete. Victoire, le boieng decolle...

Japon, tout un chapitre, je me laisse le temps pour le decouvrir en douceur, je file au Nord avant que le froid siberien ne s'empare de l'ile la plus septentrionale: Hokkaido.


Une nouvelle vie, finies les Guest houses bon marche, les bons petits restos pour pas un rond, ici le budget du voyageur a velo en prend un coup... a moins que je ne change radicalement les habitudes. En resume pour ne pas me ruiner sur les 2-3 mois pendant lesquels j'espere apprivoiser ce pays, je suivrai une marche a suivre:

DORMIR se resume au camping, par bonheur, c'est le pays le plus "safe" rencontre jusqu'a present: jardin public, meme dans les grandes villes, sans soucis. Devant les musees, les aires de repos le long des routes, les jardins d'enfants, je teste toutes les alternatives, les facilites sont enormes, j'en profite. Toilettes, table, petit pavillon pour eviter d'etre detrempee avec une tente dechiree, pelouse juste tondue, bref, voila mon confort. Evidemment le charme des campings spots mongols en prend un serieux coup.




MANGER - cuisiner, c'est tout simple, un saut au supermarche, produits basiques a la japonnaise et je sors mes talents gastronomiques, fait swinguer la seule casserole en ma possession. Fini de se faire servir, fini les repas assis au chaud, ici, le froid et la nuit tombante a 17 heures l'emportent!


SE LAVER - vive les Onsens, sources d'eau chaude... un bonheur apres une journee de velo. Sous toutes les formes, dans tous les coins. A bord du ferry, au detour d'une courbe en pleine nature, au milieu des villages ou plus luxueux dans les hotels ou SPA... je me contenterai de la simplicite, la temperature etant la meme :-)






LESSIVE - machines a laver collectives, l'avantage est vite trouve, il fait toujours chaud dans cet endroit, on peut s'assoir et pourquoi pas y dormir par temps trop humide.

Hokkaido - Sapporo, voila qui sonne familier. Les parcs nationnaux y sont nombreux, les ours bruns et cerfs encore plus, les feuilles aux couleurs automnales d'enfer, le paysage volcanique tout simplement magique. Je sillonne le Daisetsuzan National Park, file plus au Nord via Akan National Park. Au passage de nombreux lacs aux eaux bleues profondes, KussharoKo - MashuKo, des brumes sans discontinuer, des fumees sulfureuses, des onsens perdues dans un decor nature rythment mes journees de pedalage. Tantot stoppee par une meteo capricieuse, les pluies s'enchainent, mon moral ne fait pas le fier.












Quelques observations de mes yeux d'europeenne sur cette societe nippone:
- les toilettes tout d'abord, mille boutons, cuvette chauffee pour mes fesses gelees, petit jet juste a temperature pour rincer mon arriere train, je choisis la pression de ce dernier par une petite pulsion sur le juste bouton. Papier toilette en reserve, minimum 10 rouleaux, proprete incroyable, pas une mauvaise odeur. Quant aux toilettes pour handicapes, un palace!

- les hommes de chantier #Playmobil#, tant leur uniforme etant similaire: une courbette pour me saluer, un drapeau agite avec tact, le geste parfait. Les bornes des barrieres de chantier ensuite, non pas en beton comme j'ai pour habitude de les voir, ici, une forme enfantine en plasique les remplace: elephant, ours, #hello kitty#, tout y passe.

- le respect de la loi de la circulation: personne ne brule un feu rouge, tout le monde attend sagement pendant parfois 1 minute que .... personne ne passe... sauf moi, allez, j'arrive pas a m'y faire.

- les #robots# du jogging, j'ai tout le temps de les contempler au petit matin, trottant dans les parcs avant meme que j'entre-ouvre la toile de ma tente、5h30: habille tel le parfait marathonien, chapeau, gants blancs en prime.

- les plans dessines avec une precision horlogere lorsque je demande mon chemin. Non, pas seulement quelques routes qui s'entrecroisent, on me donne le temps estime a parcourir a velo, differentes couleurs pour la gauche et la droite, bref, impossible de se perdre.

Tout est parfait, plus que parfait, organise et sur-organise, anticipe, en un mot TROP! ... un tantinet melancolique a la pensee de la folie a l'indienne... moins reposant mais tellement plus vivant et autenthique!

dimanche 12 septembre 2010

La boucle est bouclee

3'700 kilometres mongols, seulement 500 sur routes goudronnes. La mecanique a souffert, mes pneus ont des trous, je roule desormais avec de la gomme raccommodee a coup de cuir, les sauts a chaque tour de roues sont devenus routine. Mon axe de pedalier est mort, ca tourne encore, je prie pour les derniers 700 kilometres me separant de la capitale, la boucle sera alors bouclee, mission accomplie pour Chottine. Je lui demande juste un dernier effort. Elle semble cooperer, seuls caprices: les crevaisons. Encore et encore, mon temps record de reparation en deviendrait impressionnant :-)



L'asphalte fait son apparition, les bornes kilometriques au long de la chaussee egalement, le trafic reprend, une voiture toutes les minutes. La civilisation se fait sentir. Jambes fatiguees, genou gauche legerement enflamme, j'ai hate de m'offrir un cocon pour quelques jours dans la capitale mongole. Pourtant, ces campings spots de reves, les baignades dans les rivieres marquant la fin d'etape, ces etendues interminables, tout ca me manque deja.




Suhkbataar Square - Ulan Bataar

mercredi 1 septembre 2010

A 2 pas de la Russie

On poursuit, meme ambiance, seule difference, le comite est desormais reduit. On file a l'Est, une boucle hors des sentiers battus au programme, vallees reculees, les cabanes en bois prennent place, les yourtes ont disparu. Les rencontres quotidiennes sont minces, 1 voiture, 3 cavaliers et un troupeau de chevres.










Chadman Ondor - Tsagannur - Erdenebulgan, la Russie n'est qu'a deux pas. On ne s'en douterait pas, pourtant en consultant la carte de geographie, ca saute aux yeux. Et oui, 2 policiers mongols ne nous manquent pas, nous reclamant un permis pour cet endroit sous restrictions. On joue les etonnes, les victimes, les pauvres cyclistes aux jambes fatiguees, non on ne fera pas demi-tour. Pourtant la situation semble bien compromise. Au bout d'une heure, une lueur d'espoir. Nos 2 motards filent demander l'autorisation a leurs superieurs, nous ordonnant de les attendre, la... c'est a dire au milieu de nulle part. On joue le jeu, les heures defilent, la fin d'apres-midi approche. Pas ame qui vive aux alentours, pas un bruit de moto sur le retour. On enfourche les montures, tete dans le guidon, on file, ca sent la Russie, pourvu que ca passe.


Les reveils se font burmeux, les passages de rivieres tantot a gue, tantot en barque. La meteo jusqu'ici clemente decide qu'il en sera autrement pour les 2 jours suivants. Les arrets yourtes reprennent, blottis au coin du poele, action sechage oblige.







Dernier the sale, on rejoint la piste principale. Le scenario se repete, notre compagnon filant a l'Ouest et nous en oppose. Bon vent a toi Salva!