mardi 1 juin 2010

Serxu - Yushu - Maduo

Un col, encore un, 4'700m, portant le nom de Nganba La. Rien de bien mechant, si ce n'est un vent de face a se faire transpercer les os! Magnifique balancement des drapeaux a priere a son sommet et descente toujours bienvenue.





L'arrivee sur la route 214 menant a Xinning la capitale de la province du Qinghai s'opere enfin, je l'attendais depuis quasi 2 semaines: Xiwu, petit bled de la mort, mais comme toujours apres 36 heures d'attente parmi ses habitants, je fais mon trou et finis par trouver l'endroit sympa: bonne gargotte, poele chaud, carburant aux bouses de yacks seches, ambiance western sur le coup des 18 heures - les chercheurs de fungus y operant leur business sur le bord de la chaussee, petit monastere m'offrant le the - j'assiste a la puja de 18 heures m'occupant en attendant impatiemment une accalmie.



Situe a moins de 50 km de Yushu devenu malheureusement celebre pour cause de son recent tremblement de terre (7.1 sur l'echelle de Richter) quelques mois auparavant, je cede a ma curiosite et decide d'y faire un saut.

Tentes bleues, camping geant, buildings modernes encore debout mais fissures de partout, les commerces font etalages sous les tentes plantees devant le magasin de jadis. Les vieux quartiers se resument en tas de briques, aucune construction n'ayant survecu a la secousse. Comme tout le monde, je dormirai moi aussi sous ma tente, aucune auberge ouverte evidemment. Le spot est vite choisi, en hauteur, sur le flanc d'une colline, dans le quartier monastique. Les moines m'accueillent avec un large sourire, un brin surpris d'apercevoir une touriste dans cette zone fraichement sinistree. Eux aussi sont organises en camping geant, tente messe pour la cuisine - un arret oblige - une autre toile pour les pujas - les bougies, le retour a une vie normale risque de prendre bien du temps.







Mur a mani geant situe a quelques pas de la ville presente lui aussi ses sequelles, n'etant dorenavant qu'un vaste tas de mantras desordonnes. Fi de son allure, les fideles operent incessamment des koras, sous une pluie battante pour aujourd'hui.






Fin de mon escapade, la pluie s'est enfin arretee, je quitte mon cocon de #Xiwu village# et m'elance sur le prochain trancon devant me mener a Maduo. M'attendent un premier col (4'458m) et son vent glacial encore, mes pieds en ont raison. J'enfile tout mon attirail et ne le quitterai plus le prochain mois (mois de juin, je ne m'attendais pas a de telles conditions): moufles, surpantalon et surchaussures GoreTex, gros souliers de marche, doudoune, deux bonnets l'un sur l'autre, je m'emballe. Les arrets rechauffement se font nombreux, heureuse d'apercevoir une tente au loin laissant echapper une fumee, je m'invite au coin du poele. L'accueil se fait a coup de the au beurre de yack sale, biscuits tibetains bien secs, tsampa, le tout accompagne de regards curieux et larges sourires. La remontee en selle s'opere grace a un serieux auto-coup de pied au cul, les kilometres defilent dans de vastes et merveilleuses plaines desertes. Les sommets sont blanchis, les rivieres grossies par les recentes pluies, le trafic rare, les villages encore plus.







Un monastere, une famille tibetaine, je suis heureuse d'etre hebergee pour la nuit. Les temperatures glaciales transformant le plaisir du camping en calvaire.














Encore un col (4'825m) - Bayanka La, redoute celui-la, la zone lui succedant sur plus de 70 kilometres ne comportant aucune ame qui vive. Les abris en cas de gelures se feront rares, une batisse abandonnee, ca sera tout. Du vent, que du vent! Je suis heureuse de sortir de cette zone que les Dieux ont certainement creee pour rafraichir la biere, et me degele les pieds dans le minuscule village se profilant a l'horizon. Bilan, 3 bouts d'orteils legerement noircis, achat grosses chaussettes en vue... .





Maduo, je devrais relier cette cite ce soir, des collines casse-pattes au programme et du vent de cote assez puissant pour me desequilibrer, pas aidee par mes sacoches. Lacs aux eaux bleutees, inatendues dunes de sables, village abandonne, petite ville a portee de vue et belle surprise de croiser deux semblables belges venant du nord a bord de leur deux roues, vive l'echange des precieuses infos!


mercredi 26 mai 2010

Baiyu - Serxu

De la piste sur 75 km, je remonte la Golden Sand River marquant la frontiere avec le Tibet a proprement parle. L'asphalte pointe son nez, check point sur la gauche ou tout droit? Tentations, mais la situtation etant bien fermee, je me resous a continuer tout droit. Dege pointe son nez, encore 35 km de goudron, un orage et un tantinet de confort, ca fait du bien de decrasser la bete de temps en temps meme a l'eau froide.



Cho La (4'900m) a l'horizon au programme du lendemain, je me glisse sous la couette, une bonne soupe aux nouilles au fond de l'estomac, mon regime quotidien, ca devient une habitude.
Le reveil se fait brumeux pour ne pas dire franchement pluvieux, la couverture reste sagement en place, mon velo aura lui aussi une journee de repos force.

Monastere de Dege







Surlendemain, grand ciel bleu, aucune excuse pour ne pas monter en direction du col. Magnifique vallee peuplee de yacks comme d'habitude, les camions semblent passer, en convoi, ils defilent soulevant de grands nuages de poussieres. Le decor se fait franchement alpin, la neige tombee hier donnant un aspect magique.






Les drapeaux a prieres m'accueillent au sommet, les passagers a moteur lancent quelques papiers au vent en guise de prieres, la police jouant le meme jeu. Descente en lacets, interminable mais si belle.







Yihun Latso (glacier lake) et ses eaux turquoises refletent l'ombre de la majestueuse chaine des Cho La montagnes, mon camping spot est tout trouve. Les mines des enfants tibetains me font visite au petit matin, curieux de mon paquetage.






Manigango, Dzongchen Gompa, Muri La (4'633 m), ma route se poursuit en direction de Serxu, prochaine civilisation, je fonce ou presque. Attaque neigeuse sur l'avant dernier col, avis de tempete, ambiance glaciale, meme les yacks ne font plus les malins, le dos recouvert d'une epaisse couche neigeuse. L'accueil incomparable des nomades chercheurs de caterpillar fungus (champignons aux aspects de chenille aux vertus si medicinales) fait ses preuves, me voila blottie au coin de leur poele, gavée a coup de Tsampa et saucisses de yacks. Rude condition de vie a ces altitudes, je suis contente de ne pas planter ma tente ce soir, trempee encore qu'elle est.














Ma remontee en selle tarde, la neige continue de tomber, patience. Eclaircie timide, j'en profite et file sur la derniere ligne droite me menant a New Serxu, calfeutree au fond d'une large vallee, parsemee de gompas, moines marchant le long de la route par centaines.








Serxu, au programme: comme d'habitude, une lessive, douche (par bonheur je degotterai la seule douche fonctionnant dans la ville, collective elle est, chez le coiffeur, mais chaude!), reparation de mon velo souffrant toujours autant, viree sur le net et bonnes boustiffes en vue :-)