jeudi 30 juillet 2009

Kashgar

Dimanche, juste a temps! J'ai enchaine 3 jours de velo bien charge, dans le but de ne pas manquer le fameux marche se tenant ce jour-la. D'une part le marche aux bestiaux prenant place au sud de la ville et son voisin, le marche de commestibles en tout genre servant a depenser l'argent tout juste empoche par la vente de l'elevage.

Foire de Chaindon puissance 10, ca grouille de toute part. Les taureaux bondissent, les moutons se laissent tondre passivement, les chevres revelent leur odeur caracterisitique, les anes paraissent toujours autant ane, les chameaux surprennent dans le decor. Les negociations et transactions se passent, les poignees de mains se serrent, les Yuans changent de porte-monaie.











Aux pourtours de cette cour interieure geante, les stands de gastronomie locale s'entassent. Passionnee par cette agitation, je suis captivee par l'adresse des faconneurs de Langhman (nouilles).
















La vieille ville Ouighoure que les Chinois tente de faire disparaitre, regorge d'echoppes en tout genre: instruments de musique, chapeaux traditionnels, bijoux et pieces anciennes, marchands d'epices, fruits secs, cotonnades et soie, tapis, cuivre.







Mao est de la partie, tronant fierement sur sa mini place Tienanmen.



La Mosquee Id Kah s'elance au milieu de la place, enlacee par un regiment de militaires adolescents defilant fierement. L'armee occupe toute la ville, defilant sur des lignees de camions impressionnantes, armes pointees sur le population. Les dirigeants tiennent le peuple... et les touristes aussi!



Apres m'etre retapee une sante dans cette ville reposante, je m'elance fringuante en direction du Pakistan et sa Karakorum Highway. Je file au sud ce matin la, pensant franchir le col frontiere de Torugart (4'680m.) quelques 3 jours plus tard. Mes plans changent apres seulement 9 km, au premier check point situe a la sortie de la ville. Impossible d'obtenir une explication, je comprends seulement que de quitter la ville en velo est impossible, for my safety, c'est tout ce que l'on est capable de m'articuler! Je fais demi-tour, enquete dans la ville aupres du PSB (bureau de la securite publique), agences de voyage et autres voyageurs et cyclistes. Apparemment, il faut etre accompagne d'un guide garantissant les faits et gestes des potentiels mechants touristes, business etant la vrai raison. Le controle se fait en reduisant la liberte de mouvements. Pourtant un couple de cyclos anglais a passe le controle aujourd'hui meme, comment... ca me titille ?!
Je retenterai l'aventure demain et le surlendemain avec du renfort. Rien n'y fait, les 4 cyclos que nous sommes aujourd'hui, tous faisons profile-bas et montons a reculons dans le bus.


Le Mustagh Ata nous console




lundi 27 juillet 2009

Fin des 'Stans'

Sary Tash, bourgade kyrgyz, carrefour strategique menant tantot au Tajikistan (option Sud - 40 km), tantot en Chine (plein Est - 70 km). L'orage se profile, le vent me souffle en pleine face, j'ai une motivation a pedaler proche de zero. Distance du jour: 400 metres! Je me la coulerai douce aujourd'hui et m'en vais trouver un nid douillet. A mon grand bonheur, je tombe sur 2 Genevoises et leur velo. Rencontrees quelques jours auparavant sur la route de Osh, cette agreable surprise confirme ma decision :-) Belle fin d'apres-midi passe en leur compagnie! Demain, chacune d'entre-nous roulera dans un pays different.



Je longe la chaine des Pamirs pour une derniere fois, tournant le dos a l'Asie centrale definitivement. Piste deglinguee a souhait, mon paysage du jour est parseme de yourtes.


Le passage de la frontiere Kyrgyz-Chinoise se veut tactique: si je ne souhaite pas attendre tout le weekend bloquee dans la ville-container d'Irkashim, il me faut mettre les bouchees doubles. Fermee samedi et dimanche, les horaires de passage ne sont pas les memes des deux cotes .De plus il me faut calculer le decalage horaire entre les deux pays et pour simplifier le tout, ne pas oublier que la province du Xinjiang a deux heures de retard par rapport a l'heure de Pekin... mon cerveau tente de faire un savant calcul, ca passe, les 8 km de no man's land sont avales. Je me presente au poste frontiere Chinois pile a l'heure de reouverture apres la pause lunch... meme mieux, a l'heure de la pasteque. Les militaires chinois me tendent une tranche degoulinante avec le sourire, les douaniers deballent mes saccoches a la recherche d'une arme super laser. Desesperes de ne trouver que du linge sale, je file vers le deuxieme controle. Passage infra-rouge, prise de temperature, entretien avec les officiels. Ca me change des #formalites# de l'Asie centrale qui se resumait a un Welcome to Tajikistan souriant. Apres deux heures de verification, me voila officiellement en Chine. Sambana, petite ville-container, mon lit du jour sera, vous l'aurez devine, dans un container lui aussi! Prix de l'hebergement 1 Dollar US, gavage en prime.



Au matin, les rues sont transformees en parking geant. Les camions pieges par la fermeture de la frontiere attendent patiemment lundi.

Je file vers Kashgar. Traversee de montagnes russes, decors desertiques, couleurs tantot rougeatres-ocre-ambrees. Les chameaux sont de la partie, les chauffeurs de camion me tendent des bouteilles d'eau par la fenetre de leur cabine de pilotage, je m'acclimate a ce nouveau decor.






Leger faux plat descendant, les kilometres defilent. 130 km au compteur du jour, je decide de passer la nuit dans un petit village et son seul hotel. Facilement trouve, il s'avere nettement plus complique de se faire accepter. La police chinoise s'en mele, impossible de discuter ni meme d'avoir une explication, je comprends simplement que je ne suis pas la bienvenue. Un peu vexee, furaxe mais surtout fatiguee, pas d'autre choix que de remballer les saccoches et tailler la route jusqu'a la prochaine ville, en esperant qu'ils m'acceptent cette fois-ci. Je rajoute 40 km a la dose journaliere et m'effondre dans la chambre qui a bien voulue m'ouvrir sa porte... surprise, a 23 heures, on frappe: qui d'autre que la police! Et c'est reparti pour un X eme controle de passeport, visa, motif de mon sejour et j'en passe... le tout dans un charabia mi-gestuel, mi-chinois mais en aucun cas un seul mot d'anglais ne sort de leur bouche. Scotchee par un tel contraste d'avec le sens d'hospitalite immesure de l'Asie centrale, je plonge dans un sommeil comateux.


Dans 500 metres...


... en esperant que le guide de conversation de Mandarin fasse vite effet!




dimanche 19 juillet 2009

Kyrgystan, adaptation

Passage d'une frontiere, debarquement dans un autre monde encore une fois. Changement de monnaie, les transactions sont prises de tete, tout parait chero avec ces liasses de billets qui defilent.

Les produits laitiers (yacks, brebis, chevres) en tous genres sont de la partie a la moindre occasion, aigre et rance de saveur ca va de soit. Le the est encore sucre, plus pour longtemps. Le pain reste le meme, interminable galette plus ou moins seche.

La prononciation quand a elle differe, les saluts divergent, les paysages sont moins contrastes.

Les chiens font une apparition en nombre, aboyant comme des malades , ils defendent le territoire de leur yourtes, plus effrayants que douleureux heureusement! Toujours une reserve de cailloux sous la main, la prudence est de mise.

Le combustible principal n'est plus bois mais organique.

Le vent souffle toujours de face, pathetique! Les routes ne sont que pistes delabrees.

L'influence chinoise se ressent, malgre tout les prieres sont encore audibles 3 fois par jour. Le boudhisme se fait desirer...
L'ACCUEIL RESTE CELUI DE L'ASIE CENTRALE, DIGNE, QUE C'EST APPRECIABLE :-))