lundi 25 janvier 2010

Bodghaya, l'eveil

Bus, pas si reposant!
Siliguri, l'attente est sans fin. Le chargement de la galerie est debordante, mon velo arnache court, ca m'inquiete. Le bolide se faufile parmis la circulation de ses congeneres, rebondissant d'une bosse a l'autre, les amortisseurs ayant disparus il y a fort longtemps. Mon coccix tente d'epouser le siege, ma tete s'effondre, ricochant tantot contre la fenetre, tantot sur l'epaule de mon voisin. Les heures se succedent quand soudain le bus se vide en pleine nuit au milieu d'un patelin perdu! Surprise, l'evenement n'est pas logique. Je me retrouve seule passagere a bord, 4 membres d'equipage, un tantinet inquietant... et pourtant j'arrive a bon port. Il aura fallu neanmoins 3 bonnes heures d'attente a 15 km du but, revision de l'engin oblige.

Bodghaya, les pelerins du monde entier y affluent. C'est ici, il y a 26 siecles, que le prince Siddhartha Gautama atteignit l'Eveil sous l'arbre de la Bodhi et devint... BOUDHA!



Les fideles deambulent autour du temple Mahabodhi, tantot en marchant et recitant quelques mantras, tantot en se prosternant. L'energie du lieu y est saisissante.










Quelques monasteres et temples batis par des communautes bouddhistes internationales sont eparpilles dans les environs, la cite me rappelle etrangement Lumbini, ville nepalaise situee a deux pas de la frontiere indienne ayant vu naitre ce meme personnage.


vendredi 15 janvier 2010

Darjeeling & Sikkim

Sikkim, royaume independant jusqu'en 1975, ce minuscule Etat confine au Nord de l'Inde au pied du Kanchenjunga est bravement entoure par le Tibet et Nepal. Il se veut de meme reputation que la Suisse, petit et propre, les sacs plastiques y sont d'ailleurs interdits.
Avant d'atteindre ce lieu enchanteur parseme d'une peuplade des plus sympathiques (decidement j'apprecie les Boudhistes!), il me reste a traverser le paradis du the, Darjeeling et ses respectables collines tant les pourcentages pour y acceder sont impressionnants.

Les journees se succedent et se ressemblent etrangement, 1'500m a 2'000m de denivelee positive... suivi de la meme denivelee mais negative cette fois-ci. Raidillon (record, 1'000m deniv.+ sur 7 km de pedalage-poussage), routes cahoteuses et trafic quasi inexistant. La moyenne kilometrique journaliere n'est pas folichonne. Cote meteo, que du bonheur a ma grande surprise: temperature ambiante aux alentours de 20 degres en journee, la doudoune faisant son apparition a la tombee de la nuit.




Darjeeling, Cup of tea!
Ancienne cite coloniale, elle m'offre les premieres vues sur la chaine majestueuse du troisieme plus haut sommet du globe. Juchee sur une crete montagneuse abrupte, la ville se veut etre la station d'altitude la plus prisee du Bengale-occidentale, les riches Indiens y sejournant afin d'echapper a la chaleur etouffante des plaines de Calcultta.





Permis en poche! Les chutes d'eau font leur apparition, les enfants devisagent mon surpernant 2 roues vu la configuration du terrain, les joueurs de carambole se succedent, je fais mon entree dans cette zone controlee. Le Tibet n'etant pas loin, la surveillance est de mise, la liberte de mouvement en prend un coup.





Royaume boudhiste, vive mon dernier passage en terre himalayenne. Les drapeaux a prieres se sont verticalises, les momos (raviolis tibetains) ont pris une forme spherique - tantot farcis de boeuf ou de porc, le regime journalier comporte au minimum une thukpa (soupe aux nouilles, veg' or not...) et le the est toujours sucre.

Les arrets se succedent au sommet de chaque colline, les monasteres y etant perches, surplombant les profondes vallees. Changement de facades, les couleurs y sont vives et la plupart du temps richement decorees. Quant aux moines, toujours sereins, ils s'activent entre deux Pujas au sechage des graines.





















Il m'aura fallu 2 bonnes semaines pour sillonner ce petit paradis, a travers ses tortueuses pistes et routes. Un jour suffira pour regagner les plaines du Nord de l'Inde, quand la denivelee est a mon avantage :-)... .

Qui dit Inde du Nord dit enfer du velo. Mon idee etant d'embarquer depuis le sud afin de sillonner le Sri Lanka, le probleme etant que plus de 2'500 km me separent de mon port d'embarcation. J'opte pour une option plaisir, mon velo sejournera a tour de role sur les toits de bus et wagon fourgon, j'en profite ainsi pour faire etape dans les lieux sacres du coin: Bodghaya, Varanasi et ses Ghats.


lundi 4 janvier 2010

Terai de l'Est, retour en Inde

Je quitte ce nid douillet qu'est Kathmandu, capitale agreable avec son quartier de vieille ville a deux pas de Durbar Square ou j'ai finalement elu domicile.
Mon univers etait recree pourtant: le marchand de papayes me voyait faire une halte tous les matins, suivi du marchand de yogourts et paneer (fromage frais) et mon rituel matinal prenait fin avec une degustation de naan et roti (galettes de pain chaud) arrosee d'un the gingembre-citron et miel. Un hommage aussi au remarquable Cafe-patisseries servant des #Chocolate Love# que je classerais hors categorie. Les visages des voisins devenaient familiers, la pause lunch se voulait chez les confectionneurs de momos (raviolis tibetains) et les virees aux quatre coins de la ville s'effectuaient sans plan, c'etait bien un signe.

Pourtant, il est temps de se diriger vers le Sikkim, Etat independant situe au Nord de l'Inde, le Kanchenjunga (8'598m) et ses temperatures hivernales me conseillent de ne pas trainer en chemin, l'hiver est bien la, janvier, decidement, la doudoune est overbookee.

Avant de gouter aux delices des collines verdoyantes de ce lieu, il me reste a rejoindre les plaines du Terai de l'Est. Vive les pistes grimpantes avec des pourcentages impedalables. Les longues heures de poussage se passent mentalement, je reve a un paquetage super light.









Terai, melodie connue pour avoir parcouru celui de l'Ouest le mois precedant, surtout de mes intestins. Plat et encore du plat, rien d'interessant et un regime compose de Dhal Bat (riz et soupe de lentilles) garanti... avec les fameux parasites Guardias causant mes incessantes diarrhees. Que du bonheur! La frontiere se rapproche, je tourne le dos au Nepal, tardivement en fin de soiree.




L'arrivee en Inde se prend en pleine figure, en une seconde mes souvenirs refont surface: trafic de fou (de nuit frayeurs imbattables), regards deshabillants et insistants, le non respect pour mot d'ordre. J'ai l'impression de faire partie du zoo, du mauvais cote des barreaux.