Je longe la chaine des Pamirs pour une derniere fois, tournant le dos a l'Asie centrale definitivement. Piste deglinguee a souhait, mon paysage du jour est parseme de yourtes.
Le passage de la frontiere Kyrgyz-Chinoise se veut tactique: si je ne souhaite pas attendre tout le weekend bloquee dans la ville-container d'Irkashim, il me faut mettre les bouchees doubles. Fermee samedi et dimanche, les horaires de passage ne sont pas les memes des deux cotes .De plus il me faut calculer le decalage horaire entre les deux pays et pour simplifier le tout, ne pas oublier que la province du Xinjiang a deux heures de retard par rapport a l'heure de Pekin... mon cerveau tente de faire un savant calcul, ca passe, les 8 km de no man's land sont avales. Je me presente au poste frontiere Chinois pile a l'heure de reouverture apres la pause lunch... meme mieux, a l'heure de la pasteque. Les militaires chinois me tendent une tranche degoulinante avec le sourire, les douaniers deballent mes saccoches a la recherche d'une arme super laser. Desesperes de ne trouver que du linge sale, je file vers le deuxieme controle. Passage infra-rouge, prise de temperature, entretien avec les officiels. Ca me change des #formalites# de l'Asie centrale qui se resumait a un Welcome to Tajikistan souriant. Apres deux heures de verification, me voila officiellement en Chine. Sambana, petite ville-container, mon lit du jour sera, vous l'aurez devine, dans un container lui aussi! Prix de l'hebergement 1 Dollar US, gavage en prime.
Au matin, les rues sont transformees en parking geant. Les camions pieges par la fermeture de la frontiere attendent patiemment lundi.
Je file vers Kashgar. Traversee de montagnes russes, decors desertiques, couleurs tantot rougeatres-ocre-ambrees. Les chameaux sont de la partie, les chauffeurs de camion me tendent des bouteilles d'eau par la fenetre de leur cabine de pilotage, je m'acclimate a ce nouveau decor.
Dans 500 metres...
... en esperant que le guide de conversation de Mandarin fasse vite effet!